Ce jeudi 19 septembre, des citoyens d’Ixelles interpellent le Conseil communal pour faire part de leur inquiétude face aux projets d’urbanisation du Campus de la Plaine et en particulier du projet Universalis Park porté par le promoteur Immobel.
Voici la position du groupe ECOLO d’Ixelles qui sera portée par le conseiller Yaron Pesztat.

universalis_park_02.jpg
Le projet actuel ne correspond en rien à ce que nous avons toujours préconisé pour la Plaine, à
savoir : un véritable campus universitaire, digne de ce nom, avec une meilleure répartition sur le site
des bâtiments d’enseignement (labos, bureaux, auditoires, bibliothèques…), des logements pour les
étudiants, des équipements collectifs, des commerces…

Nous souhaitons en outre une meilleure articulation avec les quartiers environnants, et bien entendu,
la préservation d’espaces verts.
A cet égard, il ne faut pas oublier que la Plaine a été conçue à l’origine comme un campus à
l’américaine : un grand espace vert excentré sur lequel on dispose des bâtiments de manière
fonctionnelle. Il faut bien reconnaitre que cette urbanisation n’a jamais été une réussite et que la vie
sur le campus n’a jamais été à la hauteur du modèle imaginé. Le campus tel que nous le connaissons
aujourd’hui est franchement peu sympathique, voire même parfois dangereux. C’est pourquoi nous
pensons qu’une restructuration du site et une certaine densification de celui-ci ne sont pas en soi des
idées à rejeter. Elles permettraient même d’offrir la masse critique nécessaire pour rendre viables des
commerces et les équipements.

Nous pensons toutefois que cette restructuration et cette densification ne doivent pas sacrifier la
principale richesse du lieu : les espaces verts.

Malheureusement, force est de constater que tel n’est pas le projet du promoteur, ni non plus celui de
l’ULB qui, dans cette affaire, n’a jamais été intéressée que par le profit qu’elle pouvait tirer de la vente
du terrain. En effet, sous financée, l’ULB vend, depuis plus de 20 ans, des bouts de terrain à droite et
à gauche, sans aucune vision urbanistique, détricotant ainsi son patrimoine foncier. Foncier qu’elle a
d’ailleurs reçu gratuitement de l’Etat pour y mener des activités d’enseignement et de recherche, pas
pour y faire de la promotion immobilière !

Quant à la Commune d’Ixelles, alors que son rôle aurait pu être déterminant dans l’élaboration d’un
projet global, cohérent et de qualité pour le site et ses alentours, elle n’a jamais manifesté le moindre
intérêt pour le campus de la Plaine et s’est contentée d’avaliser le projet immobilier qu’on lui
présentait.

Les premières esquisses de PPAS, dont nous ne sommes que très peu informés au Conseil
communal, semblent avaliser les exigences du nouveau propriétaire.
A ce propos, nous ne pouvons que déplorer cette pratique de l’urbanisme communal qui consiste à
planifier des sites aussi stratégiques que le Campus de la Plaine par des PPAS. Ceux-ci ne sont, en
effet, que des instruments juridiques qui déterminent l’affectation du sol, les alignements et les
gabarits. Il ne s’agit pas de véritables projets d’urbanisme.
Pour notre part, nous aurions préconisé de
procéder dans l’ordre suivant :

− définition d’un projet (que voulons-nous ?),

− partage et validation de ce projet avec la population et le monde universitaire dans le cadre
d’un processus participatif,

− sur la base de cette définition partagée, élaboration un programme (combien de m² de quoi et
où ?)

− lancement d’un concours international d’urbanisme, d’architecture ET d’architecture du
paysage,

− éventuellement réalisation d’un PPAS.

Ici, la Commune a tout fait à l’envers, en commençant directement par le PPAS.

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que de manière générale, la Commune n’a jamais intégré dans sa
politique urbanistique le fait qu’elle accueillait sur son territoire le premier pôle universitaire de la
Région, ce qui constitue pourtant un défi enthousiasmant et une extraordinaire opportunité de
développement.

Enfin, nous pensons que le projet de réaménagement du Campus de la Plaine offre l’occasion de
résoudre, en partie du moins, la question de la pénurie de logements étudiants. Par la même
occasion, il permettrait de soulager les quartiers voisins qui voient, avec une certaine crainte, fleurir
les projets mammouths de kots étudiants en intérieur d’îlot.